lundi 31 mars 2014

EXTRAITS-Acte 1- révélations

Résumé des scènes précédentes : Alors qu' Al Horowitz est en sortie à l'extérieur pour une réparation mineure, Barnabé St louis, l'agent de communications est en conflit avec la commandante de la station, à propos de l'accident survenu une semaine plus tôt.
Al se prépare à revenir à l'intérieur.


Acte 1- Scène 4
(Al Horowitz ; Barnabé St Louis, Senaya Henata)
Barnabé – (pour lui-même) « Débat stérile et sans intérêt »…. toujours un plaisir de parler avec vous Commandante. (Il porte la main à son petit micro) Tu en es où Al ? Toujours dans ton scaphandre ?
Al Horowitz (Voix off) : Presque sorti. Mais les automates tournent au ralenti, on ne peut pas dire qu’ils me facilitent la tâche.
Barnabé – (enlevant la main de son micro) Eux au moins se soucient de ta santé. Ça doit être pour ça que je préfère les programmes aux femmes.
Lt Henata : Toutes les femmes ne sont pas comme la Commandante.
Senaya Henata vient de rentrer sur scène.
Barnabé –Oh Senaya ! Pitié, dites-moi que vous n’avez pas assisté à la petite discussion avec votre chère supérieure.
Lt Henata : Ne lui en voulez pas trop. Notre sécurité compte beaucoup pour elle. Même si elle n’a pas l’air de le montrer.
Barnabé –Donc, vous avez tout entendu.
Lt Henata : J’arrivais du labo. J’ai préféré attendre qu’elle sorte. Nous sommes tous très tendus pour ce qui concerne Al Horowitz.
Barnabé –Tous ?
Lt Henata : Oui, la Commandante est dans le refoulement, c’est à peine si elle le considère tel qu’il est. La capitaine est dans la fuite en avant à cause de ses sentiments et vous…vous c’est différent, c’est …
Barnabé –C’est toujours Al… Avec ou sans mémoire.
Elle se déplace au centre de la scène
Lt Henata : Je venais vous voir pour cela.
Barnabé –C'est-à-dire ?
Lt Henata : Lors des derniers tests psychologiques, j’ai noté quelque chose chez Al. Des résidus de mémoire. Il se peut qu’il ait des fragments de souvenirs du à …
Barnabé – (la rejoignant) Attendez Senaya. De quoi vous me parlez ? Quels fragments de souvenirs ? Il m’a vaguement parlé de Mars mais…
Lt Henata : C’est cela même. Mars était important avant…l’accident.
Barnabé –Pourquoi se souviendrait-il de cela ? De cette destination sans en connaître la raison ?
Lt Henata : L’amour.
Un temps.
Barnabé –Ce n’est pas très scientifique comme réponse.
Lt Henata : L’amour n’a rien d’une science exacte. C’est un sentiment très fort qui est gravé dans nos gènes.
Ils se regardent dans les yeux.
Barnabé –J’en sais quelque chose…
La lieutenante Henata paraît soudain troublée. Elle s’éloigne doucement.
Lt Henata : Vous ne devriez pas dire…enfin, je… nous parlions d’Al.
Barnabé – Et vous Senaya ?
Lt Henata : Quoi moi ?
Barnabé – Comment le considérez-vous ?
Un temps.
Lt Henata : Avec pitié. Et compassion. Il n’a pas d’autre mémoire que celle qui date d’une semaine. Il ne connait rien de sa vie passée. Et c’est sans doute mieux ainsi. La commandante a raison. Qui sait comment il réagirait ? Son travail pourrait en être affecté.
Barnabé – Son travail… Ce qui me surprend le plus c’est que l’aspect humain est profondément négligé dans tout ça. C’est d’Al dont nous parlons ! Nous avons tous partagé trois ans avec lui sur cette station. (Un temps) On devrait le mettre au courant sur la vérité.
Lt Henata : Ce n’est pas une bonne idée. La culpabilité vous ronge. Comment réagiriez-vous si on vous apprenait la même chose ?
Barnabé – Je….je crois que je deviendrais fou.
Lt Henata : Vous êtes quelqu’un de bien mais ne faites pas cette erreur, Barnabé. C’est moi qui vous le demande.
Elle lui touche le bras. Ils se regardent un instant. Elle croise Al en sortant.
Al Horowitz : (La saluant brièvement) Lieutenant …
Elle se contente d’ hocher la tête et sort à cour.
Al Horowitz : J’ai rechargé ma bouteille d’oxygène. Je vais aller chercher cette carte d’orientation au magasin…
Barnabé – Laisse tomber cette carte pour le moment, les messages urgents pourront attendre. La Commandante Quémener m’a donné l’ordre de continuer les programmes de bases.
Il  va se rasseoir et pianote sur un clavier.
Al Horowitz : Ah ? Pourquoi pas après tout ? Au fait, que voulait Henata ?
Barnabé – Savoir comment tu allais. Me demander mes impressions. Elle faisait son boulot, quoi. (Il le regarde un moment puis revient sur son écran) Bon, nous en étions aux habitations troglodytiques sur la planète rouge je crois.
Al Horowitz : Oui, elles sont creusées à  même la roche et protègent ses habitants des radiations venues de l’espace.  Des puits au dessus inondent ces logements de la lumière du soleil. (Ironique) Sacrée mémoire, hein ?
Barnabé – Impressionnant…voyons la suite (il pianote sur son clavier) alors j’ai un programme de deux heures sur la future « terra formation » de Mars et un autre programme de trois heures sur les relations politico-économiques entre Mars et la Terre depuis les premières colonies. Lequel tu préfères ?
Al Horowitz : Deux et trois heures ? Oh pitié Barnabé. J’ai besoin de repos (Il s’allonge sur la banquette à cour) Et j’ai un mal de crâne pas possible.
Barnabé – Tu as pris une pilule ?
Al Horowitz : Oui l’automate-soignant m’en a donné une dès que je suis sorti du sas. Faudrait qu’il arrive à me lâcher, je vais bien.
Barnabé – Alors ? La « terra formation de Mars » c’est pas mal. Moi ça me laisse rêveur, je me demande si l’espèce humaine en verra le bout.
Al Horowitz : Barnabé… Ça fait une semaine que j’emmagasine tout un tas d’infos dont je devrais me souvenir naturellement.
Barnabé – Oui. D’après Henata tu as reçu un sacré choc…tu as tout à réapprendre. Bon je te fais un cours accéléré ? Je peux te résumer en quelques minutes ce programme.
Al Horowitz : Ça me va. (Se redressant) Je suis tout ouïe.
Barnabé : C’est parti. (Il prend son souffle de manière un peu exagérée) Grosso modo, la « terra formation » va passer par une reconstitution de l’atmosphère martienne et un réchauffement de la planète. Nous avons quelques usines en marche d’où les colons extraient  du platine, du palladium et du cobalt entre autres. Mais ce n’est pas suffisant. Des usines plus importantes sont en construction. Les gisements sont phénoménaux et nos scientifiques ont évalué qu’avec 400 000 tonnes par an d’octafluoropropane la température de Mars pourrait augmenter de 4° en seulement 20 ans.
Al Horowitz : (Songeur)… l’octafluoropropane…
Barnabé : Oui c’est…
Al Horowitz : (l’interrompant)…Un puissant gaz à effet de serre…obtenu après extraction de la fluorite des roches martiennes…
Barnabé : Exact.
Al Horowitz : (Songeur)… Pourquoi je sais cela ? Cela n’a rien à voir avec mon travail sur cette station.
Barnabé : Ta mémoire n’est peut-être pas aussi naze que tout le monde veut bien le croire (Un temps). D’après Senaya, tu as des fragments intacts. Il te suffit de les retrouver et de les mettre dans l’ordre. On continue ? Ça peut peut-être t’aider ?
Al Horowitz : Oui. On continue.
Barnabé : Donc, ce gaz va amorcer un autre changement. Grâce au réchauffement, le CO2 va passer de l’état solide à l’état gazeux. D’après nos simulateurs de « terra-formation », en 50 ans la température sur Mars pourraient avoisiner les 15°. Et par conséquence, foutre au placard les combinaisons pressurisées actuelles. Plus de radiations nocives mais l’air ne sera pas encore respirable.
Al Horowitz : Non.  Il faudra attendre encore un peu. (Se mettant à réciter comme une leçon) Environ 100 ans après, l’eau qui était glacée sous la surface va resurgir et former des boues, des flaques puis des étendues d’eau de plus en plus grandes. (Il se lève et se met face public, soudain rêveur) Puis les ingénieurs vont tenter de rendre l’atmosphère chargée en CO2 respirable avec de l’oxygène. Avec des alliées très efficaces, les bactéries. Dans les lacs, elles vont se nourrir de CO2 et rejeter de l’oxygène. Elles auront  été sélectionnées avec soin. Celles qui peuvent survivre sur Terre à des conditions extrêmes, celles qui ont la peau dure… certaines auront même été modifiées génétiquement. Puis ce sera au tour du plancton d’être, au bout de 200 ans, déversé dans les lacs. Premier maillon de la chaine alimentaire…et enfin des plantes terrestres…et des arbres…Mars se mettra à verdir… Elle ne sera bientôt plus nommée la planète rouge que dans les programmes d’histoire…
Un temps. Il semble admirer le résultat qu’il vient de décrire au loin. Barnabé ne bouge pas, se contentant de le regarder.
Al Horowitz : Plus de mille ans après la colonisation de Mars, l’homme pourra enfin respirer sans combinaison ou masque à oxygène. Nous aurons une deuxième planète et tous les espoirs seront permis…
Barnabé : Oui. Du moins c’est ce que les simulateurs ont donné comme infos.
Al Horowitz : Pourquoi je sais tout ça ?
Barnabé s’est levé de son siège et a rejoint Al.
Barnabé : Parce que c’est une aventure extraordinaire à laquelle l’humanité s’est attelée. Et tu souhaitais par-dessus tout contribuer à sa réalisation en te rendant sur Mars. Mais des conflits politiques entre les communautés économiques des deux planètes ont gelé les départs du personnel compétent sur les stations orbitales.
Al Horowitz : Quoi ? Je voulais me rendre sur Mars ? Avant mon accident ?
Barnabé : Oui. Et tu devais être accompagné.
Al Horowitz : Par qui ? Qui devait venir avec moi ?
Barnabé le regarde profondément avec tristesse.
Barnabé : Putain, je n’y arriverais pas. (Il se détourne et marche jusqu’à jardin). J’ai beau me dire que tu es le même mais ça ne marche pas.
Al Horowitz : Qu’est-ce que tu racontes, enfin ? Avec qui je devais aller sur Mars ? Qu’est-ce qui ne marche pas ?
Barnabé : J’en ai déjà trop dit. Désolé.
Al va jusqu’à lui et le prend délicatement par les épaules.
Al Horowitz : Barnabé. Je ne me souviens pas de grand-chose mais je me souviens que nous sommes amis.
Barnabé : Non. Tu ne peux pas.
Al Horowitz : Si, je t’assure. J’ai des fragments, comme tu les as appelé tout à l’heure. Enfin pas tout à fait, des impressions, je sens qu’il y a un truc qui ne tourne pas rond. L’accident. C’est lié à ça. Les autres m’évitent comme un pestiféré. Nous étions amis, parles-moi.
Barnabé se frotte le front, embarrassé.
Al Horowitz : (troublé) Nous étions amis…J’ai des…flashs par moment, je te voie sortir une bouteille d’alcool et deux verres de sous ton pupitre et dire…
Barnabé : « A la santé de la Quémener ».
Al Horowitz : Oui. C’est ça. Tu vois, mes souvenirs reviennent.
Barnabé : C’est impossible.
 Al Horowitz : Pourquoi ?
Barnabé : Parce que ce ne sont pas les tiens.

Acte 1- Scène 5
(Al Horowitz ; Barnabé St Louis, Louise Gertosio)
Une femme, terriblement anxieuse vient d’entrer sur scène. Elle s’arrête à cour. Barnabé l’a aperçu mais pas Al.
Al Horowitz : Comment ça ce ne sont pas les miens ? Ça veut dire quoi ?
Cpt Gertosio : Je crois qu’il est temps de lui dire la vérité.
Al se retourne au son de sa voix
Barnabé : Louise…non…
Al Horowitz : C’est quoi cette vérité ?
Barnabé : Elle ne va pas te plaire.
Al Horowitz : (à la capitaine) Parlez.
Cpt Gertosio : Vous n’êtes pas Al Horowitz.
Al Horowitz : Quoi ? Qu’est-ce que vous racontez ?
Elle s’est avancée vers lui, pesant tous ses mots sans le lâcher du regard.
Cpt Gertosio : Al Horowitz est mort suite à l’explosion d’un des moteurs de la station. Il a été soufflé comme un brin de paille. Son scaphandre a heurté le tunnel d’accouplement entre le module scientifique et le noyau central de Constellation 3. La visière de son casque s’est fendue et il est mort suite à la dépressurisation de sa combinaison. Son câble d’arrimage s’est sectionné. Son corps s’est perdu dans l’espace sans que l’on puisse le récupérer.
Al Horowitz : Qu’est-ce que vous racontez ? Comment je peux être … « mort » ?
Cpt Gertosio : Vous n’êtes pas Al Horowitz. Vous êtes…un clone.
Al Horowitz : Quoi ? (Se tournant vers Barnabé) Qu’est-ce qu’elle raconte ? Elle est…
Barnabé : Je suis désolé, Al.
Cpt Gertosio : (à Barnabé) Arrêtez de l’appeler ainsi ! Ce n’est pas Al ! (Pleine d’émotion contenue) Vous êtes un clone. Envoyé par la Cie.
Al Horowitz : Quoi ? Vous êtes folle !
Cpt Gertosio : (sur le même ton plein d’amertume) Parce que ça leur coutait moins cher que de reformer un technicien qualifié. Des prélèvements de sang au début de son contrat, tous les civils qui signent pour la Cie y sont contraints. Al ne pensait sans doute pas que ça servirait un jour. Comme nous tous d’ailleurs.
Al empoigne la capitaine Gertosio par sa combinaison et la pousse à cour jusqu’à la banquette.
Al Horowitz : (furieux) Arrêtez vos mensonges ! Pourquoi vous me sortez ça ? Je ne suis pas une saloperie de clone !
Barnabé : (se précipitant) Al, calmes-toi, mon vieux. Lâche là.
Il essaye tant bien que mal de les séparer.
Al Horowitz : (Même ton. Tenant toujours la capitaine). Pourquoi vous me dites ça ? Pourquoi ?
Cpt Gertosio : (Fondant en larmes) Parce que j’étais celle qui devait partir avec Al Horowitz sur Mars. Parce que lui et moi, nous nous aimions.
Al la lâche progressivement. Il semble réaliser la terrible vérité.
Barnabé : La Cie t’a ramené précipitamment. Le programme d’installation des souvenirs n’a pas fonctionné correctement. Tu as juste les connaissances de la station et des résidus de mémoire, que je n’explique pas trop comment.
La Capitaine Gertosio s’est éloignée à reculons et le regarde avec colère. Al s’est assis sur la banquette se tenant la tête dans les mains
Al Horowitz : Non, c’est impossible. Je sais qui je suis.
Cpt Gertosio : Vous êtes un clone. Une aberration.
Al Horowitz : Je sais qui je suis !
Cpt Gertosio : Vous ne devriez même pas être ici. Personne n’a eu le temps de faire le deuil d’Al Horowitz. La Cie a estimé que ce n’était pas une priorité. Quelque part, vous êtes sans doute plus humain que nos dirigeants. (Il lève son regard vers elle.) Vous avez ses yeux. J’ai l’impression de contempler un revenant…je vais devoir faire avec vous sur cette station. Mais, jamais, jamais je ne pourrais vous appeler par son nom.
Elle le regarde une dernière fois et sort.
Barnabé : Je suis désolé. Tu n’aurais pas dû apprendre ça.
Al Horowitz : (répétant) Je sais qui je suis.
Barnabé : Moi aussi… (Lentement)J’ai beau me dire que tu n’es pas lui mais…Tu portes ses cellules en toi. Tu as sa voix et son visage. Tu es lui. Tu es Al Horowitz. Et t’es toujours mon pote.  Tu es un miraculé, Al Horowitz. Tu as une seconde chance, celle qu’aucun d’entre nous n’aura sans doute jamais.
Al Horowitz : Je suis… Al Horowitz.
Barnabé : Ouais…mais tu es aussi son clone. Le vrai est perdu dans l’espace. J’ai conservé les enregistrements de l’accident pour la Cie, on a essayé de localiser le corps mais rien à faire. La priorité était de remettre la station en rotation. J’aimerai pouvoir te dire que ce n’est facile pour personne dans cette station de te côtoyer tous les jours. Mais ce serait sous-estimer le fait que, toi, tu vas devoir continuer à vivre avec ça.
Al Horowitz : Les enregistrements de l’accident. Je veux les voir.
Barnabé : Ce n’est pas une bonne idée.
Al Horowitz : Je veux les voir. J’en ai besoin. Il faut que je sache.
Barnabé : Ça ne va pas te plaire.
Al Horowitz : Montres-les moi, je t’en prie.
Un temps. Il l’observe intensément.
Barnabé : D’accord.
Il s’installe à son pupitre. Noir plateau progressif. On ne voit plus que le visage d’Al.
Al Horowitz : Les enregistrements. Chose étrange que d’assister à sa propre mort… Et pourtant je suis toujours là… J’ai entendu chaque mot, chaque son. J’ai vu les images des caméras extérieures. Il n’y avait rien à faire. Ce n’était la faute de personne. Une défaillance technique qui a mal tourné. J’ai réussi à réenclencher manuellement un des moteurs pendant que la Commandante s’occupait du second. J’ai été plus rapide et j’ai voulu m’occuper du troisième. Il a explosé et m’a propulsé dans l’espace….moi…Lui…Al Horowitz…Je ne suis qu’une copie. Un clone.  Auraient-ils du sortir pour réparer ? Peut-être pas. Mais dans ce cas, les moteurs auraient lâché les uns après les autres entrainant une réaction en chaîne qui aurait démantelé cette station. Les modules, privés de leur force centrifuge auraient flottés n’importe comment et se seraient heurtés les uns aux autres. Et tout le monde serait mort. Là, c’est juste moi…Lui…Al Horowitz…Je devrais me terrer au fond de ma cabine ou demander à me faire rapatrier sur Terre…mais j’appartiens désormais à la Cie. Je ne suis plus qu’un automate de chair et de sang sur Constellation 3. Et je dois continuer à faire mon travail, ce pourquoi la Cie m’a envoyé.
Noir. Son visage disparaît le comédien sort.
Al Horowitz (voix off): La carte d’orientation automatique a été remplacée. La parabole se réaligne. Vous devriez recevoir  les messages de la Terre d’ici quelques minutes. Je retourne au sas.

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